Cimetières du Mellois



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22/09/2012

TILLOU

Marguerite GURGAND (1916 – 1981)

écrivaine






MARGUERITE GURGAND

NEE LEVEQUE

1916 – 1981

GASTON GURGNAND

1900 – 1998








Marguerite Gurgand est une écrivaine française, lauréate du Prix du Livre Inter en 1981 pour Les Demoiselles de Beaumoreau.

Les Demoiselles de Beaumoreau est son premier roman et son deuxième livre après Nous n'irons plus au bois.

Elle était en train d'écrire son troisième ouvrage, l'Histoire de Charles Brunet quand la mort l'a surprise à l'age de 65 ans. C'est son fils, Jean-Noël Gurgand, lui- même écrivain qui termina ce roman.


Nous n'irons plus au bois.

Les Demoiselles de Beaumoreau

l'Histoire de Charles Brunet




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Résumé, 4e de couverture :
 

   La soixantaine venue, les enfants dispersés, Fannie et Pierre se retirent dans leur province natale, entre Poitou et Charente. Ce livre débordant d’odeurs, de bruits et de mots familiers, c’est d’abord l’histoire de leur retour au village. Pour combler le vide béant de la « retraite » ils interrogent les photos sépias des albums de famille et greffent des rosiers : mais il n’est pas facile de retrouver ses traces dans un monde qui a plus changé en soixante ans – leurs soixante ans – que pendant les trois siècles précédents. C’est pourtant dans ce paysage où dormait leur enfance que, par-delà l’usure des choses et des cœurs, ils se trouvent enfin en paix avec eux-mêmes.
   Nous n’irons plus au bois est la chanson pudique et tendre du temps qui passe, la chronique douce amère d’aujourd’hui et d’autrefois, traversée d’éclats de rire et de grands rêves pour rien.
   Assise sur son banc, Marguerite Gurgand accorde sa voix au frémissement des tilleuls en automne et raconte la vie. Et cette voix là, en-dehors de toutes les modes ne s’oublie pas.
 

Le début :
 
   Le camion a pris son virage dans la cour en fauchant les orties géantes. Pierre, avec des signaux à guider des boeing, l’a fait stopper devant la maison. Les déménageurs sont descendus en regardant où ils posaient les
pieds. Le grand rouquin qui conduisait s’est étiré, a passé les pouces dans les bretelles de sa salopette et a contemplé la rude friche d’alentour :
   « Ben dites donc ! Si les légumes viennent comme les orties !... »
   Son compagnon, un bon gros qui commençait à grisonner, couvait des yeux la longue maison basse :
   « Y a pas, dit-il rêveusement, ça a du bon, la retraite… »
   L’air était léger comme une haleine de bébé. Le ciel, d’un bleu très pâle, paraissait bien plus haut que celui de Paris. Je me sentais étourdie comme après une deuxième coupe de champagne. J’ai écarté les ronces de l’un des bancs de pierre qui encadrent la porte d’entrée. Je me suis assise, le dos appuyé au mur b
runi de mousse. Ma sortie de clinique, le voyage, ce silence me laissaient l’âme vague, au seuil d’un désarroi inconnu…

Source : Le Livre de Poche, LGF


. En cet automne 1804, une épidémie de dysenterie ravage le hameau de Tillou, en Bas-Poitou.
La maladie n'épargne personne, la mort frappe sans discernement... L'angoisse pèse sur le village, l'enveloppant d'un linceul de silence.
C'est alors qu'arrivent en rude terre poitevine, auréolées de soleil et de mystère, Marie-Aimée, Amélie et Phoebé Forgier. Chassées de Saint-Domingue par la révolte des esclaves, elles viennent s'installer dans leur maison de Beaumoreau, à l'abri des guerres et des massacres.
Leurs domestiques noirs terrorisent les villageois qui voient en eux l'incarnation du diable, mais peu à peu, la beauté, la bonté et la joie de vivre des Demoiselles ont raison de toutes les réticences. Colas lui-même, le beau tisserand, ne peut résister à leur charme.

Source : J'ai Lu



Nous n'irons plus au bois de Marguerite Gurgand

Soudain, il m'est revenu que ce banc sur lequel j'étais assise avait été une pierre tombale, récupérée dans quelque haie. Du temps où les protestants étaient interdits de cimetière par les catholiques, on leur faisait place à l'ombre des maisons parpaillottes. Chacun gardait les siens. Au Sud du Poitou, on découvre ainsi parfois au bout d'un carré de choux un tumulus décoré de verroteries funéraires, ou encore, au milieu d'un clos fleuri ou trois cyprès veillant le cimetière familial. Aujourd'hui encore, certains maintiennent la tradition, et la coutume locale abolit les décrets qui ont cours ailleurs.

Nous n'irons plus au bois, p. 9 Mazarine



Dans un village des Deux-Sèvres, au printemps de 1981, le notaire honoraire Charles Brunet enterre sa femme, Servane, jadis épousée par intérêt. C'est pour le vieil homme l'occasion de se retourner sur sa vie, de retrouver le goût de son enfance pauvre, l'âpreté des batailles de chaque jour pour échapper aux fatalités de la misère paysanne. Il revoit comment, poussé par sa mère Vincente, domestique de ferme et veuve à vingt ans, il a fini par accéder à l'aisance et à la respectabilité. La mort de Servane, silencieuse compagne de sa vie, fait découvrir à Charles Brunet que, tout à son ambition, il s'était coupé de ceux dont il voulait le bonheur, sa femme, son fils, ses filles. Dans cette campagne française bouleversée par les guerres et le progrès, il n'avait pas compris à temps que sa réussite, qui représentait toutes les revanches, contenait déjà tous les échecs. Il ne faut pas s'y tromper : contée par Marguerite Gurgand, de sa voix tranquille et amicale, l'histoire de cet homme au bout de son chemin d'illusions est aussi celle de ce siècle vertigineux où nous risquons de comprendre trop tard qu'on ne peut vivre sans tendresse et sans mémoire.

Source : Le Livre de Poche





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